Les cinq ambitions

La 1ère

Nous ne voulons pas susciter une révolution brutale mais une évolution culturelle – et moins de “développement”.

Une condition essentielle pour une telle évolution est la diversité culturelle. Nous ne croyons pas en l’idée d’une “monoculture” de la soutenabilité ou bien en celle d’une “modernisation soutenable ”. Les structures d’inégalité sociale, associées aux technologies (argent, média de masse, etc), ainsi que les processus idéologiques, inhibent la dynamique évolutive d’une culture ouverte. Les émotions, la créativité, l’apprentissage par l’expérience, la libre communication et l’échange d’information, l’esprit critique (notamment envers les processus institutionnels), la réflexivité, les dialogues inter- ou intra-culturels, participent tous à promouvoir l’évolution ouverte de la culture humaine.

La 2ème

Nous appelons à l’invention et à l’usage de média capables de faire prospérer une culture dite auto-éco-organisatrice.

‘Le médium est aussi le message.’ Le chemin par lui-même fait partie du but à atteindre. Aussi, dans le processus menant vers la soutenabilité, il est nécessaire de rechercher le dialogue – et non pas un monologue à sens unique de Nord vers le Sud, d’une élite d’experts vers la masse ou encore de la télévision aux spectateurs. Quels médias sont dans la mesure de concurrencer les média de masse qui dominent aujourd’hui ? Cette question reste à explorer.

La 3ème

Nous appelons à l’émergence d’un modèle d’éducation transdisciplinaire, d’apprentissage par l’expérience, associant une transformation systémique de la rationalité à une intégration des aptitudes supra-rationnelles de l’espèce humaine au quotidien.

Les changements sociaux ne correspondent pas seulement à des changements rationnels. Les êtres humains ont aussi une forte vie émotionnelle. Nous devons donc en comprendre tous les “subtilités”, car les êtres humains sont par nature ambivalents et difficilement réductibles à certaines fonctions préétablies. Tout ce qui est conçu de nos jours comme faisant partie des ‘arts’ peut jouer un rôle décisif pour mettre en scène et faire partager toute sorte de processus émotionnels, ainsi que ces “subtilités”. Toutefois, la ‘ghettoïsation’ des aptitudes supra-rationnelles de l’être humain au sein du domaine des arts ainsi que dans des aires prétendument laissées autonomes, n’offre qu’un faible espace de respiration vis-à-vis la culture dominante. Quel est donc le rôle des arts et des artistes pour une transformation de la société vers des cultures soutenables ?

La 4ème

Nous faisons campagne pour un changement radical des paradigmes de la culture et de la science occidentales, afin de passer à la pensée systémique.

La Nature forme notre environnement, et à travers nos dialogues avec notre environnement (c’est-à-dire l’écologie), nous avons découvert au cours du 20ème siècle une nouvelle manière de concevoir l’économie humaine. Les écosystèmes, les réseaux sociaux et même chaque cerveau partagent des structures semblables sur un plan systémique. Différents systèmes, à différents niveaux de la réalité, interagissent dans le cadre d’un processus dynamique et complexe de changements. Nous devons repenser la réalité, en prenant en compte les dynamiques de coévolution ainsi que des points d’ancrage interactifs. Il reste encore un long chemin à parcourir pour appréhender la réalité avec ces yeux nouveaux et pouvoir ainsi reformuler les sciences telles que définies par l’Occident.

La 5ème

Nous invitons: les acteurs de la société civile, de la culture, de l’éducation, des arts, de la communication, des médias et les chercheurs en sciences sociales à dialoguer avec nous à travers cette plateforme internationale d’échange et de recherche afin de  mettre en œuvre un processus social et culturel menant vers un modèle de soutenabilité.

Nous mettons en place un site internet à cet égard, et attendons avec intérêt vos commentaires et contributions variées !

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